Notre président de la République veut mettre à l’agenda de l’Assemblée nationale, l’introduction de l’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) dans la Constitution.
Depuis des années, c’est un sujet, en France, qui ne fait pas débat. Contrairement à la PMA, à la GPA ou au mariage pour tous qui entretiennent des conversations brulantes et contradictoires.
Évidemment la ficelle est énorme : introduire un débat constitutionnel sur un sujet qui ne prêtait plus à discussion depuis des décennies, à l’heure où des sujets essentiels pour l’avenir de la France devraient amener le Président à s’intéresser à ce qui comptent vraiment pour les Français : l’inflation, le pouvoir d’achat, le chômage, l’immigration, la continuité historique, la France dans la guerre en Ukraine, la France dans l’Europe, la désindustrialisation, la paupérisation, l’effondrements de l’Éducation nationale, l’effondrement de la Santé, le monde post Covid, les impôts qui écrasent toute volonté, l’avenir de l’énergie, et beaucoup d’autres, c’est vouloir détourner l’attention des Français, forcer l’assemblée à définir une majorité claire et surtout violer la Constitution qui ne demande rien.
Évidemment, une immense majorité de français, concernée ou pas, est favorable à l’IVG. Comment puis-je oublier Monique F. qui nous gardait ma sœur et moi lorsque nous étions de jeunes enfants. Elle est décédée en 1974, à 21 ans, des suites d’un avortement sauvage pratiqué dans des conditions d’hygiène épouvantables et fut emportée par une septicémie. Ma mère nous avait annoncé la mort brutale de Monique avec des mots forts, empreints de douleurs et de la violence des gestes d’une faiseuse d’ange qui, finalement, pour bien faire d’une pierre deux coups, avait assassiné la mère et l’enfant qu’elle portait.
Alors, puisqu’il n’y a pas de débat mais que le Président veuille l’ouvrir malgré tout, ce piège grossier d’entourloupeur de foire ne doit pas nous amener à discuter du droit à l’IVG pour les femmes qui est définitivement acquis, mais de s’intéresser à l’inscription du droit à l’IVG dans la Constitution.
C’est absurde :
- Parce que la Constitution garantie la vie des Français. Même quand la peine de mort fut interdite, son abolition est entrée dans la Constitution afin de garantir la vie des pires criminels. La Constitution n’a pas pour vocation d’interdire la vie, quand bien même, concernerait-elle la vie d’un fœtus.
- Parce que le droit Français, y compris le droit constitutionnel, autorise tout ce qu’il n’interdit pas: « nul ne peut-être condamné à mort » (Art. 66-1). Interdire d’interdire l’IVG aurait-il un sens ?
- Enfin, si l’IVG devient un droit constitutionnel, ce serait ouvrir en grand, la porte à tous les désirs transhumanistes ou eugénistes pour qu’ils deviennent à leurs tours, des droits garantis par la Constitution. Ce serait simultanément rétrécir l’importance de l’IVG qui, à un moment de leur vie, concernent toutes les femmes et autant d’hommes, et considérer que tout le monde seraient concernés par un changement de sexe, un désir transgenre ou les pistes cyclables non genrées. On n’en sortira jamais.
Mais puisque c’est la volonté présidentielle, nous allons tous tomber dans le piège d’une discussion clivante voulue par le président qui poussent les Français dans des camps antagonistes :
- Vous êtes pour l’IVG et pour la Constitutionalité de l’IVG ? Vous êtes pour l’IVG. Vous êtes quelqu’un de bien, comme nous, digne de nous.
- Vous êtes pour l’IVG et contre la constitutionnalité de l’IVG ? Vous êtes contre l’IVG. Vous êtes un extrémiste rétrograde et conservateur. Un obscurantiste indigne.
- Vous êtes contre l’IVG et contre la constitutionnalité de l’IVG ? Vous êtes contre l’IVG. Bis repetita.
Et si par malheur le débat s’enflamme, ce que nous savons très bien faire en France, alors ce qui fut conquis de haute lutte à l’Assemblée Nationale par Simone Veil pour toutes les femmes sous la Présidence de Valéry Giscard d’Estaing, pourrait devenir illégal grâce à Emmanuel Macron.








